Super Meat Boy 3D : Critique d’une Nouvelle Dimension qui Divise

avril 03, 2026
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Si quelqu’un me demandait quel est le premier jeu qui me vient à l’esprit lorsque j’entends « Xbox Live Arcade », je répondrais probablement Super Meat Boy. Je n’ai jamais assisté au générique final d’un jeu Souls, mais quelque chose dans ces phases courtes et rapides rendait la frustration bien plus supportable. Cela a contribué à nourrir mon amour pour les jeux de plateforme de précision comme Celeste et les jeux de speedrun comme Neon White.

Inutile de dire que j’étais plutôt enthousiaste à l’idée d’annoncer Super Meat Boy 3D. Après le spin-off mitigé Super Meat Boy Forever, le 3D semblait viser une véritable évolution de la franchise. Le résultat ? Un jeu de plateforme en 3D débordant de créativité, mais en décalage avec son identité.

Sensations familières

Le gameplay est exactement ce à quoi on peut s’attendre dans un jeu Meat Boy : foncer vers la ligne d’arrivée, tout en guettant les sorties secrètes et les bandages à collectionner. Un minuteur tourne en permanence dans le coin supérieur droit, te permettant de garder un œil sur le temps cible pour obtenir l’emblématique rang A+, synonyme de maîtrise d’un niveau – et qui débloque son pendant dans le Monde Sombre.

Meat Boy a aussi quelques nouvelles astuces dans sa manche. Un nouveau dash aérien t’aide à te repositionner en plein vol, le stomp t’aide à descendre rapidement, et la course murale te permet de traverser les écarts avec la nouvelle profondeur. Le stomp peut aussi être annulé en dash, te permettant d’enchaîner les nouveaux mouvements de Meat Boy de manière créative pour maintenir la vitesse et éviter les scies qui attendent au bas d’un puits.

Tout comme le jeu original, Meat Boy 3D regorge de secrets. Avec une ribambelle de personnages déverrouillables et de niveaux secrets à découvrir, il existe de nombreuses façons dont le jeu se réinvente. Un point fort particulier est constitué des niveaux secrets, qui rendent hommage à d’autres jeux et genres. Ils sont tout aussi difficiles que les niveaux principaux, mais modifient suffisamment le gameplay pour valoir la peine d’être cherchés.

La présentation s’appuie magnifiquement sur les bases posées par le plateformeur 2D original. Les cinématiques entre chaque monde semblent bien meilleures qu’il n’aurait été nécessaire, les environnements sont magnifiques, et bien sûr, chaque niveau se clôt sur un récapitulatif qui te laisse réfléchir à tes dizaines (voire centaines) de lacunes.

La musique est du même métal que dans Super Meat Boy, mais dirigée par un nouvel artiste. La bande-son du jeu est composée par Ridiculon, connu récemment pour avoir suscité une foule d’airs accrocheurs issus de la bande-son de Mewgenics. C’est un bel rappel que, même s’il y a eu pas mal de plateformes de précision depuis ses débuts, rien n’égale vraiment l’ambiance de Meat Boy.

Difficultés liées à la profondeur

Super Meat Boy exige de la précision. Chaque pixel peut mener à une erreur, mais cela paraît toujours être de ta faute. Cela pouvait être source de frustration, mais c’était toujours justifié.

Super Meat Boy 3D exige la même précision de la part du joueur, mais pas nécessairement du jeu lui-même. Des niveaux qui s’appuient fortement sur le mouvement diagonal paraissent particulièrement lourds, et cela conduit à des morts qui donnent l’impression que ce n’est pas imputable au joueur. Cette difficulté liée à la profondeur agit dans les deux sens ; on peut vraiment « tricher » sur certains niveaux en grimpant sur des panneaux ou en se tenant dans un espace sûr étroit près de scies autrement mortelles. Les niveaux les plus amusants sont ceux qui restent majoritairement de gauche à droite, ce qui donne envie de se demander pourquoi la troisième dimension est là en premier lieu.

De plus, certaines mécaniques ralentissent le rythme du jeu. L’ajout le plus frustrant fut les créatures volantes qui fonctionnent comme des barils à la Donkey Kong Country. Les créatures rouges te tirent dessus immédiatement, les jaunes t’obligent à faire preuve de patience et à te lancer au bon moment. Elles sont bien implémentées et fonctionnent comme prévu, mais il est étrange d’introduire une mécanique qui récompense la patience dans une série axée sur le speedrun.

Ceci illustre le plus grand problème de Super Meat Boy 3D. Ça ressemble à Meat Boy. Ça sonne comme Meat Boy. Si tu avais un appareil GameScent, cela sentirait probablement Meat Boy aussi. Mais ça ne parvient tout simplement pas à ressentir Meat Boy, ce qui est en fin de compte l’élément le plus important à réussir.

Super Meat Boy 3D | Réflexions finales

Super Meat Boy 3D est une relique du passé, autant pour le meilleur que pour le pire. Plein à craquer de secrets, il offre une joie de découverte qui devient de plus en plus rare dans les jeux modernes. C’est un plaisir particulier de déverrouiller sans cesse de nouveaux personnages, chacun doté de sa propre panoplie de compétences qui te permet de t’affranchir des règles et de les contourner.

Cependant, il n’atteint pas les sommets de son prédécesseur. Super Meat Boy était tout entier tourné vers la précision, te punissant à chaque petite erreur que tu faisais. Super Meat Boy 3D, en revanche, abandonne une partie de cette précision dans l’espace en 3D, ce qui entraîne des défis qui peuvent sembler en décalage avec les exigences du speedrun auxquelles Meat Boy prospère.


Super Meat Boy 3D a été évalué sur Nintendo Switch 2 à l’aide d’un code numérique fourni par l’éditeur au cours de 10 heures de gameplay. Toutes les captures d’écran ont été prises pendant le processus de révision.

Lucas Bernard

Je rédige sur l’actualité du jeu vidéo en me concentrant sur l’essentiel : sorties, tendances et évolutions du secteur. Mon objectif est de proposer une information claire, rapide et utile pour suivre efficacement le gaming.